Le soleil donne

Intermédiés, qui en connaît un rayon sur la question, vous invite aujourd’hui à chausser vos lunettes aux verres fumés pour porter votre regard vers cet astre sans lequel aucune vie ne serait apparue sur Terre.

Le philosophe et poète américain du XIXème siècle Henry David Thoreau, chantre de la vie dans la nature, écrivait que « pouvoir contempler chaque jour le soleil se lever (…) afin de nous relier à un phénomène universel, voilà qui préserverait notre santé pour toujours ». Ce disque à succès détermine le climat, les cycles de l’eau et est indispensable à la photosynthèse, source de la production d’oxygène par les plantes. Plus proche ou plus loin de lui, la Terre eût été brûlée ou glacée. Qu’il soit trop longtemps caché derrière les nuages, et nous voilà aussi gris et moroses que le ciel. Intéressons-nous donc au lien qui, pour le meilleur et pour le pire, unit la terre et ses habitants à cette boule de feu !

Icare en a rêvé et, récemment, pour la première fois de l’Histoire, l’humanité l’a fait ! Nous avons enfin frôlé le soleil. La sonde Parker, du réseau Solar Orbiter de l’ESA , s’est en effet approchée, le 24 décembre dernier, à 6 millions de kilomètres de notre étoile (toute petite distance à l’échelle de l’espace) pour étudier sa couronne, couche la plus externe de son atmosphère.

Notre astre est une étoile de type naine jaune, située dans le bras d’Orion, dans les lointains faubourgs de la Voie Lactée. Elle est issue de la compression d’un nuage de gaz et des réactions thermonucléaires qui l’ont suivie, provoquant la fusion de l’hydrogène et libérant de l’énergie. Autour de lui gravitent des planètes (dont la nôtre), des astéroïdes et de la poussière. À lui seul, il représente 99,9 % de la masse du système planétaire. Notez que cela n’a rien de très extraordinaire, car il naît en moyenne 3 par an avec des dimensions semblables aux siennes au sein de la galaxie ! Mais pour nous, les chiffres sont vertigineux : le soleil fait 333 000 fois la masse de la Terre, 1 300 000 son volume, 109 fois son diamètre et a une température de 15 millions de degrés dans son cœur. Du haut de ses 5 milliards d’années d’existence, cet astre a assisté à la naissance de la Terre (4,5 millions d’années au compteur). Bonne nouvelle : il lui reste encore à peu près 5 autres milliards d’années à vivre… Ce qui laisse à l’espèce humaine un bon milliard d’années pour trouver où déménager puisque, dans son déclin expansionniste, notre soleil transformera notre planète en fournaise stérile, comme sa voisine Vénus . En attendant, chaque photon émis par le soleil (qui met 8 minutes à arriver sur terre), pourrait générer de l’électricité propre, réelle alternative aux combustibles fossiles. L’énergie photovoltaïque est une source durable face aux défis du changement climatique. Elle représentait 4 % de l’énergie produite en France en 2024 et est en pleine expansion.

Le soleil séduit. « D’une façon générale, en France (50,7 %) comme au-delà de l’Europe (39,8 %), les vacances au soleil et à la plage restent le type de séjour préféré des Français. » Notre pays a la chance d’être situé dans la zone tempérée de la planète, et nous bénéficions d’un ensoleillement moyen plutôt agréable : « La palme revenant à Marseille et ses 2 858 heures d’ensoleillement, tandis que les Ardennes se distinguent par leur faible ensoleillement par rapport au reste du pays, avec 1 516 heures de soleil en moyenne ». Mais tout le monde n’est pas aussi bien loti. En Érythrée et au Soudan, ses rayons grillent les récoltes et affament le bétail plus de 4 000 heures par an, alors qu’aux pôles, il se montre moins de 1 200 heures chaque année. Une étude du ministère danois de l’énergie a calculé l’ensoleillement au Danemark en novembre : 44 heures, soit moins d’une heure et demie par jour.

Trop de soleil et la végétation, le bétail et la population locale souffrent… Pas assez, et cela nuit également à la végétation tout en ayant des effets sur la santé. 2024 aura été chez nous une année de grisaille record. « Les données sont formelles : le déficit d’ensoleillement atteint 8,5 % sur un an. Ce manque de lumière n’est pas sans conséquences sur la santé physique et mentale. »

Lorsqu’on sait s’en protéger et l’accueillir à bon escient, le soleil est bénéfique à notre santé. « La lumière du soleil, nous dit le docteur Alexandra Dalu, nutritionniste, entraîne la production de neurohormones de bien-être (endorphines). Au même titre que le manque de lumière conduit parfois à la dépression saisonnière, l’exposition solaire recharge nos batteries !» Les rayons Ultra-Violets B (UVB) du soleil sont vecteurs de la très essentielle vitamine D, qui booste notre système immunitaire. Plus de sport en extérieur, de sorties, de fenêtres grandes ouvertes quand le soleil brille ? Effet indirect de l’ensoleillement, vous serez mieux oxygénés ! Exposées raisonnablement (pas plus de 30 minutes par jour et en dehors des heures les plus chaudes) les peaux lésées par certaines maladies comme l’eczéma ou le vitiligo verront leur état s’améliorer, grâce à l’effet anti-inflammatoire du rayonnement solaire. Attention cependant. « Une exposition excessive au soleil peut entrainer plusieurs risques pour la santé : des coups de soleil, un vieillissement prématuré de la peau, une photosensibilisation, la survenue de cancers de la peau (3% de tous les cancers seraient liés à l’exposition aux UV naturels du soleil ou artificiels en cabines de bronzage) et des lésions oculaires graves ». )

Adoré et déifié pendant des siècles, le soleil continue à faire le bonheur des solistes, amateurs de levers de soleil et des acoparophiles, que le moindre coucher de soleil ravit jusqu’aux tréfonds de l’âme. Quelle que soit la catégorie dans laquelle vous vous situez, souvenez-vous, le 3 mai, journée mondiale du soleil, et tous les autres jours de l’année, de lui adresser une salutation toute spéciale pour les bienfaits qu’il dispense si généreusement et qu’il continuera encore longtemps à nous offrir.

Par Catherine Ferrant

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