Tous les articles par Parole de Médiateurs

Newsletter Septembre 2020

Photo ©Alexandre Dunoyer

La rentrée est déjà derrière nous …
L’année 2020 est spéciale :
elle nous sort de notre zone de confort 
et nous réserve sans cesse de nouvelles surprises. 
La plus grande capacité de l’être humain
est sa faculté d’adaptation – heureusement ! 


Comment cette faculté d’adaptation se manifeste – t – elle
dans le domaine de la médiation ? 
C’est ce que nous allons examiner dans notre prochain numéro
(le n° 8) qui est
actuellement en préparation
et qui sera un COLLECTOR …
vous découvrirez pourquoi !

D’ici sa sortie en novembre
prenez bien soin de vous et restez prudents !

***

Avez-vous lu le n° 7 ? Ne le ratez pas ! 
LA CO-CONSTRUCTION DE LA CITOYENNETÉ

BIENTÔT : LA SEMAINE DE LA MEDIATION

La deuxième Semaine Internationale de la Médiation aura lieu du 10 au 17 octobre prochain.
De nombreux événements ont déjà été référencés sur le site www.semainemediation.fr
Y PARTICIPEZ-VOUS ?
Quelle manifestation aura lieu près de chez vous ?
Zoom sur le Mois de la Justice Amiable en Normandie !

Articles en libre lecture

La protection fonctionnelle des collaborateurs du service public de la justice …

… revêt une importance particulière, au moment où les agents qui participent à l’œuvre de justice sont l’objet d’attaques ou de mises en cause directes et personnelles devant la justice en raison de leur qualité ou de leurs fonctions.
Christophe BACONNIER, Président de Chambre à la cour d’Appel d’Amiens nous ivre sa réflexion à ce sujet.

Peacebuilding : kezako ?

Construire, consolider et rétablir la paix, cela semble être aujourd’hui improbable. Et pourtant, même si elle est loin d’être simple, l’équation est tout à fait réalisable… Brigitte KEHRER, infatigable émissaire internationale pour “réconcilier les contraires”, nous le prouve.

Retour à Angers

INTER-Médiés a eu l’honneur de couvrir le
1er Congrès International de la Médiation à Angers.
Vous les découvrirez dans cette rubrique.

Intelligence artificielle et médiation …

Découvrez l’interview du mois de septembre avec Yann FERGUSON, sociologue, enseignant à l’Icam, chercheur associé au CERTOP. Il répond aux questions d’INTER-Médiés au sujet de l’Intelligence Artificielle et de médiation

Merci à Destination Angers, International Congress for all Mediators et Kryzalid Film pour la production.

Avec nos partenaires
Radio Pays d’Hérault

Guerre et paix en entreprise

Après 20 ans passés dans de grandes entreprises, notamment dans le secteur de l’armement et chez Perrier® (Nestlé France), Jean-François MASSON, aujourd’hui médiateur passionné, pousse un coup de gueule au micro de RPH : « Bon sang, on pourrait se parler autrement ! »

Nous remercions nos partenaires

Octobre mois de la Justice Amiable

En Normandie, l’automne est placé sous le signe des modes amiables !

 

En 2020, alors que l’institution judiciaire, déjà habituellement à bout de souffle, a subi un KO technique, les Centres de médiation et de Justice Amiable de Dieppe, Evreux, Le Havre et Rouen se mobilisent pour la 2e année consécutive autour d’Octobre, mois de la justice amiable.

Leur objectif : permettre aux avocats, magistrats, étudiants, professionnels de justice mais aussi aux assureurs en protection juridique ou aux chefs d’entreprise de se former aux modes amiables de résolution des différends, pour sortir des procès et proposer des solutions rapides, économiques et sécurisées aux conflits de demain.

Au programme :


– le 01/10 à Rouen : lancement d’une nouvelle session de 5 jours de formation au Droit Collaboratif, en partenariat avec l’Association Française des Praticiens du Droit Collaboratif à l’issue de laquelle les avocats participants seront habilités à pratiquer le Droit collaboratif
Inscriptions : https://bit.ly/2YXLApy

– le 07/10 au Havre : « Regard du psychologue sur la résolution amiable du conflit-action en Droit de la famille »
Inscriptions : https://bit.ly/3gQHiGs

– le 12/10 à Rouen : « La médiation dématérialisée, une solution d’avenir ?»
Inscriptions : https://bit.ly/32KhqHk

– le 15/10 à Rouen : « Le rôle de l’avocat en médiation : comment bien accompagner son client ? »
Inscriptions : https://bit.ly/3jHmSBN

– le 16/10 à Rouen : « La médiation, une opportunité pour mon entreprise ? De l’importance des clauses de médiation dans les contrats » en présence de Soraya AMRANI MEKKI, professeure agrégée de l’Université Paris Nanterre, vice-présidente de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme et Directrice de l’axe justice judiciaire, amiable et numérique au CEDCACE.
Inscriptions : https://bit.ly/31O7Zr9

A noter : plusieurs actions pourront être suivies en visio-conférence.

Les Modes Amiables de Résolution des Différends s’installent dans notre système judiciaire et dans notre société. Parlons-en !

Brique par brique… le peacebuilding

Construire, consolider et rétablir la paix, cela semble être aujourd’hui improbable. Et pourtant, même si elle est loin d’être simple, l’équation est tout à fait réalisable… Brigitte Kehrer, infatigable émissaire internationale pour “réconcilier les contraires”, nous le prouve.

Depuis une dizaine d’années, les instances internationales, multilatérales et bilatérales ont fait appel à des médiateurs aguerris connaissant parfaitement les procédures de médiation internationales et interculturelles dans leur processus de peacebuilding (construction de la paix) pour les pays en voie de développement en situation de post-conflit ou de prévention de conflit. Ces médiateurs ont été formés à aider les parties en conflit à trouver leur propre solution, et non à la leur souffler ou la leur imposer, comme le pratiquait autrefois le représentant du pays colonisateur ou de tutelle. Les mandats de peacebuilding requièrent donc des médiateurs professionnels ayant été formés à cet effet.

Autrefois, trop souvent, le métier de médiateur était un peu improvisé par des personnes de bonne volonté qui faisaient des propositions de résolution de conflits, sans bien dérouler tout le processus de médiation qui passe par plusieurs étapes de transformation du conflit. Dont celle, capitale, de la restitution des sentiments et du ressenti des parties au conflit et de la neutralité.

Avec la professionnalisation du métier de médiateur, les résultats positifs se sont vite fait sentir. La première étape est de créer un terrain de discussion confidentiel et neutre, de ne pas décider pour les parties en conflit, mais de les aider à trouver une solution satisfaisante, originale, créative, et qui sera à même de résoudre leur conflit et de rétablir des relations durables.

Dans la terminologie internationale des Nations unies et des coopérations bilatérales, voici ce qu’on entend par peacebuilding ou construction de la paix.

 Peacebuilding : kezako ?

Le peacebuilding est la promotion de mesures institutionnelles et socioéconomiques sur le plan local, national et international visant à enrayer les causes latentes d’un conflit et à transformer la dynamique du conflit en dynamique de paix. Par exemple, cultiver un champ ensemble, en association, et en récolter les bénéfices de manière commune et équitable pour des groupements ou des régions ennemis. Le peacebuilding est, de fait, le processus et la mesure de reconstruction de la paix. Il inclut également des efforts effectués avant, pendant et après une guerre. Il s’appuie sur les constructeurs de la paix sur place, soit la société civile. Les mesures de peacebuilding s’adressent aux facteurs principaux sous-tendant les causes du conflit, leurs sources et leurs contradictions : elles analysent les piliers du conflit et la capacité de l’État, de la société et des parties en conflit à le gérer de manière constructive, par des moyens pacifiques, en mettant sur pied des infrastructures pour la paix. Cela inclut des mesures à moyen et à long terme visant à établir des mécanismes de gestion de conflit pacifique, incluant la médiation.

Dans son ouvrage Building Peace : sustainable reconciliation in divided societies [i.e. “Construire la paix, de manière durable dans des sociétés divisées”], le théoricien américain John Paul Lederach précise : “La construction de la paix est comprise comme un concept global qui comprend, génère et soutient la totalité des processus, approches et étapes nécessaires pour transformer un conflit vers une paix durable et le rétablissement des relations interpersonnelles. Ainsi, le terme inclut un large spectre d’activités qui précèdent et suivent les accords formels de paix. Métaphoriquement, la paix est considérée non pas comme un moment dans le temps ou comme une condition, mais comme une dynamique et une construction sociale.”

Quant à la cellule de soutien à la médiation du Département des affaires politiques des Nations unies (Mediation Support Unit UN-DPA), elle définit ainsi le peacebuilding : “La construction de la paix implique un large train de mesures visant à réduire le risque de redémarrage du conflit. Il renforce drastiquement toutes les capacités du pays en conflit à tous les échelons de la société.” Texte signé et accepté par le Secrétaire général de l’ONU en 2007.

L’exemple de Madagascar : trop de partis tuent les partis  

À Antananarive, le processus de préparation des élections et les médiations entre les quinze partis politiques, dans le but d’en réduire le nombre à un tiers – selon le vœu du gouvernement malgache intérimaire – avait pour objectif la démocratisation du pays. Passer de quinze à cinq partis politiques maximum, viables et représentatifs n’était pas de tout repos !

Les Nations unies ont alors proposé sur place de faire appel à trois médiateurs, qui ont participé à la discussion entre les partis ayant un programme similaire mais venant de régions différentes, et des partis venant de même région mais avec des intérêts économiques ou sociaux différents.

J’ai eu la chance d’être un de ces trois médiateurs. J’ai pu appliquer ce que nous avions appris pour effectuer des médiations sociales, culturelles, commerciales ou de voisinage, à savoir le déroulement, entre différents groupes à caractère similaire mais pas semblable, de traverser et transformer le conflit en plusieurs étapes distinctes dans la médiation, afin de trouver un accord satisfaisant pour eux et représentatif de leurs aspirations. Et cela en tenant compte de leurs craintes d’être trahis ou peu/mal représentés par des ethnies différentes, des classes sociales différentes, des métiers différents ou des régions différentes. En laissant chaque groupe s’exprimer et s’écouter, reformuler et entendre les craintes et les intérêts de l’autre, tout à coup leurs besoins devenaient communs et leur objectif global de contribuer au bon développement démocratique de leur pays apparaissait évident.

Nous avons parcouru les étapes entre la définition du conflit, l’expression des sentiments de chacun, la clarification de leurs besoins, intérêts, demandes et priorités et enfin, un brainstorming afin de trouver des dénominateurs communs permettant de regrouper les trois groupes qui faisaient partie de ma médiation en un seul parti crédible et solide, selon leurs valeurs à eux, bien entendu. Puis, nous avons listé toutes leurs propositions et leurs rêves… pour finalement se mettre d’accord sur quelques-uns qui emportaient l’assentiment de tous. Enfin, nous avons également refait une médiation pour voter et choisir celui qui les représenterait le mieux à la tête du parti puis de l’État, selon leurs critères propres établis ensemble, en faisant accepter l’idée que certains devaient se retirer et passer la main, avec des garanties de démocratie directe au niveau local…

Au bout de cinq jours entiers de médiation, de négociation et de palabres (de 9 h à minuit !), nous sommes parvenus à un résultat. Il y a eu des rires et de multiples “engueulades”, mais aussi des moments de surprise quand les groupes « opposés » se rendaient compte qu’au fond, ils voulaient la même chose.

Et, un peu comme dans Astérix, la médiation ne pouvait pas se terminer autrement que par un grand festin et des chants jusqu’à l’aube, une fois les accords signés.

Par Brigitte Kehrer

Brigitte Kehrer est médiatrice internationale accréditée et assermentée, United Nations Mediation Support Unit/DPA, et PNUD Nations unies, Union européenne, FED (Fond Européen de Développement, Paris CMAP, Londres CEDR)

“La Médiation : un nouveau projet de société ? Se réconcilier avec ses contraires”, Brigitte Kehrer, éd. Dervy, fév. 2019, 272 p., 20 €.  

Médiateur judiciaire et protection fonctionnelle

La protection fonctionnelle des collaborateurs du service public de la justice revêt une importance particulière, au moment où les agents qui participent à l’œuvre de justice sont l’objet d’attaques ou de mises en cause directes et personnelles devant la justice en raison de leur qualité ou de leurs fonctions.

 

La protection fonctionnelle désigne les mesures de protection et d’assistance juridique dues par l’administration à ses agents, afin de les protéger et de les assister quand ils font l’objet de telles attaques.

La protection fonctionnelle est un principe général du droit, qui s’applique à tous les agents publics mis en cause par des tiers à l’occasion de l’exercice de leur service.

Ce droit au soutien et à la défense bénéficie donc à l’ensemble des personnels qui exercent leurs fonctions au sein des services judiciaires, magistrats, personnels des greffes, juges des tribunaux de commerce et enfin – c’est important pour les médiateurs – aux collaborateurs occasionnels du service public de la justice auxquels s’applique désormais ce principe général du droit.

Les collaborateurs du service public de la justice sont – précisons-le car la question est centrale – soit des collaborateurs permanents comme les fonctionnaires ou les agents publics, soit des collaborateurs occasionnels ou bénévoles (COSP pour collaborateur occasionnel du service public) comme le sont incontestablement les médiateurs qui assurent, bénévolement, des permanences d’information à la médiation judiciaire au profit des cours et tribunaux, par exemple lors des audiences durant lesquelles ils sont présents et procèdent, à la demande des magistrats, aux entretiens de présentation de la médiation avec les justiciables et/ou leurs conseils, voire au recueil de l’accord des parties pour tenter une médiation.

Ces médiateurs collaborateurs bénévoles du service public de la justice, comme ceux qui exécutent les missions de médiation judiciaire qui leur sont confiées par une juridiction, peuvent, eux aussi malheureusement, être victimes d’incivilités, de délits ou de tentatives de déstabilisation, comme le sont les menaces, les violences, les injures, les diffamations, les outrages ou les poursuites judiciaires.

Il n’y a pas lieu d’illustrer par des exemples ces attaques dont pourraient être victimes les médiateurs injuriés ou menacés par des justiciables incapables de se maîtriser, mais le cas des actions judiciaires mérite un exemple : tel ce médié qui porte plainte pour violation du secret contre le médiateur accusé d’avoir communiqué à l’autre partie des informations ou des documents confiés sous le sceau de la confidentialité.

La question de la protection fonctionnelle dont pourraient bénéficier les médiateurs victimes d’attaques ou qui font l’objet de poursuites judiciaires doit donc être posée.

En effet, la protection fonctionnelle constitue une garantie contre les atteintes dont les collaborateurs du service public peuvent être victimes et les poursuites judiciaires dont ils peuvent faire l’objet à l’occasion de leur participation au service public.

Le ministère de la Justice a publié en 2019 le guide de la protection fonctionnelle (www.justice.gouv.fr/bo/2020/20200131/Guide_2019.pdf), auquel il convient de se référer pour de plus amples informations sur les dispositifs de la protection fonctionnelle et sur le service référent chargé de leur mise en œuvre.

En substance, nous retiendrons que la protection fonctionnelle peut prendre plusieurs formes :

  • actions de soutien et de prévention en direction de la victime ;
  • poursuites à l’encontre de l’auteur des attaques ;
  • assistance juridique de la victime ;
  • réparation des préjudices subis par la victime.

Le sujet concerne surtout la qualification de COSP, car cette qualification pour les médiateurs qui exécutent une mission de médiation ordonnée par un juge n’est pas encore consacrée dans le droit positif ; en effet, seuls bénéficient déjà de la qualification de COSP, pour leur collaboration au service public de la justice, les conseillers prud’hommes, les mandataires judiciaires à la protection des majeurs chargés de mettre en œuvre les mesures de protection décidées par l’autorité judiciaire, les experts judiciaires requis ou commis ainsi que, à la lecture du décret n° 2015-1869 du 30 décembre 2015 (www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2015/12/30/AFSS1528192D/jo/texte), les délégués et médiateurs du procureur de la République, les traducteurs et interprètes requis, les personnes contribuant au contrôle judiciaire ou au sursis avec mise à l’épreuve, les enquêteurs sociaux ou de personnalité en matière pénale et les médecins et les psychologues exerçant des activités d’expertises médicales, psychiatriques, psychologiques ou des examens médicaux, qui ne sont pas affiliés à un régime de travailleurs non salariés.

Mon opinion est qu’il n’y a aucun obstacle sérieux à reconnaître la qualité de COSP aux médiateurs qui assurent bénévolement des permanences d’information à la médiation judiciaire au profit des cours et tribunaux comme cela est indiqué plus haut ; en effet, requis par un juge, ils participent au service public de la justice à laquelle ils apportent leur concours bénévolement de surcroît. Il n’y a pas non plus de difficulté, à l’inverse, à exclure de la qualification de COSP le médiateur qui agit dans le cadre de la médiation conventionnelle.

Mais qu’en est-il du médiateur qui exécute une mission de médiation ordonnée par un juge ? Pour un tel médiateur, la qualification de COSP est discutable et en tout cas n’est pas certaine selon diverses opinions exprimées sur le sujet : il y a bien sûr des arguments favorables, la participation au service public de la justice et l’existence d’une mission ordonnée par un juge, mais des arguments défavorables sont aussi avancés : la convention de médiation, la rémunération, le statut d’avocat pour certains médiateurs, l’assurance souscrite.

À l’examen de la liste précitée des COSP déjà reconnus dans le droit positif, j’observe cependant que ces éléments défavorables ne sont finalement pas exclusifs de la qualification de COSP, étant ajouté qu’il ressort déjà de la jurisprudence administrative que la notion de collaborateur occasionnel du service public est compatible avec l’existence d’une rémunération.

La question reste donc ouverte et n’appelle pas, de mon point de vue et malgré les réserves formulées par certains, une réponse inéluctablement négative, tout au contraire ; il convient cependant par prudence de se garder de toute certitude en attendant que la question soit tranchée par l’autorité publique qui dira si le médiateur qui exécute une mission de médiation ordonnée par un juge est, comme je le pense, un COSP, et dans quelles conditions le cas échéant ?

Rédacteur : Christophe BACONNIER (D.U. IFOMENE – promotion 2017), président de chambre à la cour d’appel d’Amiens

Newsletter Juillet 2020

Photo ©️Alexander Vinogradove

Été 2020 – un été comme les autres ?
Certainement pas !
Nous savons maintenant qu’il y aura dans les livres d’histoires un avant et un après Covid.
Mais comme l’être humain est un champion de l’adaptation, nous espérons que cette crise sera source d’éveil et de changement  d’habitudes…
INTER-Médiés vous accompagnera sur le chemin vers une société  plus consciente et plus juste – restons optimiste !


Toute l’équipe d’INTER-Médiés vous souhaite un bel été !
Prenez bien soin de vous et restez prudents !
Nous vous retrouverons en septembre avec grand plaisir …

***

Avez-vous déjà reçu le N° 7 de notre magazine, sorti il y a un mois ?
Le dossier principal a pour titre :
LA CO-CONSTRUCTION DE LA CITOYENNETÉ

VOTRE AVIS NOUS INTÉRESSE !

Chers lecteurs et chères lectrices,
Dans notre numéro 7, paru en mai dernier, nous avons appliqué l’écriture inclusive. Les réactions de certain.e.s de nos lecteurs.trices nous mènent à penser qu’il sera constructif de vous donner la parole, afin de construire ensemble un magazine qui répond à vos attentes. 
Alors – pour ou contre ou neutre par rapport à ce thème d’actualité ? Répondez en deux clics sur le doodle ci-dessous. Si vous souhaitez rester anonyme, mettez XX dans la case du participant.
Nous vous remercions de votre collaboration !

Articles en libre lecture

La puissance du visuel au service de la médiation

Durant une médiation, lors des échanges chargés d’émotions, la retranscription picturale permet de visualiser les propos. Elle offre un deuxième canal de compréhension et de mémorisation. En voyant les dialogues enrichis de couleurs, de graphismes et de dessins, les parties appréhendent encore mieux l’émotionnel et commencent à s’autoréguler d’elles-mêmes. Bruno Forand, médiateur, facilitateur graphique, médiateur visuel nous explique comment la visualisation des échanges simplifie la communication et la rend immédiate.

I have a dream

Il existe un rêve qui est, me semble-t-il, commun à tous les êtres humains : Le rêve de vouloir vivre confortablement et en paix. Il ressemble en faut à une poupée russe, tant il inclut d’autres rêves : le rêve de liberté, le rêve de prospérité, le rêve de fraternité et celui d’une vie meilleure pour nos enfants et nos petits-enfants, etc.
Retour sur un article paru dans INTER-Médiés n° 5

Étude interculturelle

Recueillir des informations sur l’impact de la crise sanitaire sur la population est essentiel pour comprendre et apprendre à gérer, trouver voire anticiper des solutions pour se préparer à un avenir qui promet de sortir de l’ordinaire.
En partenariat avec le Centre Interdisciplinaire de Recherche Appliquée de l’Ecole Nationale de l’Administration Pénitentiaire, INTER-Médiés re/propose à ses lecteurs de contribuer à l’avancée de la recherche scientifique en répondant au questionnaire (anonyme) mis en ligne.
Merci de votre participation !

Retour à Angers

INTER-Médiés a eu l’honneur de couvrir le
1er Congrès International de la Médiation à Angers.
Vous les découvrirez dans cette rubrique.

Partons au Canada …

Découvrez l’interview du mois de juillet : Ghislaine LABELLE est psychologue organisationnelle et médiatrice accréditée, fondatrice du Groupe Conseil SCO au Quebec. Elle nous parle au sujet de la médiation préventive au service des DRH.

Merci à Destination Angers, International Congress for all Mediators et Kryzalid Film pour la production.

Avec nos partenaires
Radio Pays d’Hérault

Ce n’est pas un crime d’être vieux !

Christel SCHIRMER anime « Pas d’accord – et alors ?!« , une émission mensuelle sur rphfm.org.
Senior, aîné, âgé, silver – ou tout simplement … VIEUX ? Rarement un mot aura autant fait peur aux femmes et aux hommes, et paru aussi péjoratif.
Merci qui ? Merci la presse, merci les pubs et merci une société qui a érigé le jeunisme en quasi-religion.
Après « C’est pas un crime d’être patron » et « C’est pas un crime d’être juif », Kokou Denis ADAKU, auteur et enseignant, récidive avec un nouveau livre :
« C’est pas un crime d’être vieux ».

Et pour vous accompagner durant l’été, une chanson …

Un petit clin d’oeil aux médiateurs : que nos paroles et notre coeur soient en harmonie ! 
 
 « Let the words of our mouth
and the meditation of our heart
Be acceptable in thy sight here tonight »
(Boney M – By the rivers of Babylone) 
 
credit: Pinterest

Nous remercions nos partenaires

Angers 2020 : La médiation préventive au service des DRH avec Ghislaine Labelle

Ghislaine LABELLE est psychologue organisationnelle et médiatrice accréditée, fondatrice du Groupe Conseil SCO au Quebec. Elle nous parle au sujet de la médiation préventive au service des DRH.

Merci à Destination Angers, International congress for all Mediators et Kryzalid Film pour la production.

La puissance du visuel au service de la médiation

Notre monde a toujours été visuel et le devient encore plus aujourd’hui, rien ne l’arrêtera. Aucun de nous n’y échappe. Nous sommes tous visuellement câblés. Depuis les premières civilisations, l’image gouverne la communication. Enfant, notre capacité visuelle se développe avant notre compétence verbale…

Comment une approche visuelle permet-elle de faciliter la résolution d’un conflit ?

Sous le stress émotionnel, les parties n’entendent pas toujours ce qu’elles se disent au cours de la médiation. La retranscription picturale leur permet de visualiser les échanges. Elle offre un deuxième canal de compréhension et de mémorisation. En voyant les dialogues enrichis de couleurs, de graphismes et de dessins, les parties appréhendent encore mieux l’émotionnel et commencent à s’autoréguler d’elles-mêmes. La visualisation des échanges simplifie la communication et la rend immédiate.

Lorsque les parties ne se sentent pas entendues, elles se retrouvent la plupart du temps coincées dans leurs positions. La retranscription visuelle offre une rétroaction immédiate et les personnes se sentent entendues. Dès le début le papier blanc, vierge encore, donne un espace neutre supplémentaire. Au gré du processus de résolution cet espace peut recueillir des perspectives divergentes, sans jugement. Visualisant l’ensemble des éléments collectées, les parties se sentent plus vite à l’aise et prennent de meilleures décisions. La médiation visuelle déplace le conflit vers sa résolution.

Les transcriptions visuelles aident les parties à examiner et à suivre les divergences, les intérêts et les solutions possibles. Elles permettent de repérer leur place dans le flot des échanges, au gré des sessions. L’enregistrement visuel au fil de l’eau permet d’embrasser l’ensemble des échanges et de réfléchir sur de nouvelles informations, des questions émergentes … La cartographie des échanges permet de suivre leur cours et d’enregistrer des informations.

Avec une page contenant toutes les informations importantes, le cerveau est libre de penser et de parler sans avoir à se souvenir de tout. La vue panoramique des commentaires facilite un passage automatique de « mon point de vue » à « vue d’ensemble ». Les parties sont davantage enclines à respecter le processus si elles se sentent responsables de l’accord qui émergera et du cheminement utilisé pour y parvenir. La carte se dessinant devient après la médiation un artefact neutre du vécu du conflit. La co création de contenu visuel stimule l’engagement et l’unité entre les parties.

La médiation visuelle utilise des graphiques pour expliquer et guider les parties à travers un processus qui leur est inconnu. Elle collecte et donne à voir des éléments clés, des idées ainsi que les expressions des parties sur un papier grand format, au fur et à mesure qu’ils sont exprimés. Elle implique davantage les parties dans un rôle actif pour travailler concrètement avec leurs données, détecter et résoudre le problème.

Il est possible qu’un médiateur s’associe à un praticien, facilitateur graphique « Graphic Recorder » à un autre médiateur visuel pour conduire une médiation visuelle. Le facilitateur graphique et le « Graphic Recorder » doivent avoir une formation de base sur le processus de médiation. Afin d’augmenter plutôt qu’involontairement entraver le travail du médiateur, une compréhension des modèles et styles de processus de médiation est indispensable.

Pour ma part, professionnel expérimenté en facilitation graphique, il m’a fallu apprendre à minima un processus de médiation, basé sur la roue de Fiutak et la CNV (communication non violente de Marshall Rosenberg). Après avoir obtenu mon diplôme universitaire de médiation (200 heures de formation minimum), j’ai pu conjuguer les deux pratiques pour proposer la médiation visuelle. L’une ne peut se faire sans l’autre. Cet automne, je formerai mes pairs médiateurs à la médiation visuelle. Un facilitateur graphique n’a pas forcément l’âme d’un médiateur même si les qualités sont connexes. Pour un médiateur la facilitation visuelle peut facilement apparaître comme une évidence.

Ce qu’il faut retenir 

La médiation visuelle ajoute une dimension dynamique à la médiation.

Comment j’utilise des modèles visuels

Avant chaque médiation je prépare un modèle d’agenda visuel et où sont saisies des informations pour aider à définir la structure de la médiation. Le modèle comprend une mer orageuse et une métaphore d’iceberg qui représente le conflit auquel les parties sont confrontées.

Au début de la séance, je capture sur le modèle les objectifs de médiation et sujets de discussion des parties. J’illustre les accords autour de : « comment nous travaillons en médiation ». Travailler avec les parties pour remplir toutes les catégories du modèle garantit que nous couvrons les principes fondamentaux de la médiation.

Je constate que la métaphore de l’iceberg est devenue un outil pour aider les parties à comprendre les positions, les intérêts et les besoins sous-jacents. Tout au long des sessions, le visuel permet de retrouver facilement les accords de processus pour les compléter ou les renégocier. De plus, parce que les accords sont restés visibles pendant les séances, ils fournissent un rappel silencieux mais constant pour chacun.

Comment j’utilise la cartographie visuelle en direct

Alors qu’un médiateur dirige principalement les échanges, j’enregistre visuellement les points clés de chaque séance de co médiation en temps réel sur des feuilles de papier de 160 par 120 millimètres. Le médiateur visuel filtre le dialogue afin de cartographier les informations axées sur l’avenir et soutenant la résolution de conflit.

Les graphiques obtenus comprennent :

  • Objectifs mutuels des parties et besoins individuels pour une relation plus productive
  • Métaphores de dynamiques comportementales inefficaces associées aux suggestions sur comment communiquer différemment
  • Vignettes de conflits réels et idées sur la façon dont des scénarios similaires pourraient être traités différemment à l’avenir
  • Stratégies de communication et de négociation introduites par les médiateurs
  • Progrès des parties dans leur fonctionnement relationnel au fil du temps

Après chaque session, les parties reçoivent une version électronique de la carte que je leur suggère d’imprimer pour la voir quotidiennement.

Pour conclure

L’utilisation de diverses méthodes visuelles à différentes étapes de la médiation aident à mieux se comprendre les uns les autres. Autant de voies ouvertes pour une communication efficace et une meilleure résolution des conflits. Les cartographies visuelles reflètent la singularité de chaque cas. Les circonstances individuelles et collectives, créent l’appropriation des accords parce que ce sont les propres mots et images des parties.

Le processus hautement collaboratif du travail visuel déplace la concentration de chacun vers l’autre au service de la cocréation. Cela aide les parties à rester concentrés sur la solution et l’avenir. Elles sont par conséquent moins crispées sur les problèmes et l’histoire qu’elles partagent.

Par Bruno Forand

Médiateur,

facilitateur graphique, médiateur visuel.
06 09 52 09 80    bruno@possibelity.fr

I have a dream… J’ai un rêve… Ich habe einen Traum…

“Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots.” (Martin Luther King).

Christel Schirmer, correspondante et contributrice permanente à Intermédiés, nous emmène à travers quelques réflexions et questionnements dans un monde où la fraternité et la solidarité constitueraient le ciment de la société.

Le 28 août 1963, Martin Luther King prononce son discours qui, aujourd’hui, est connu dans le monde entier “I have a dream”.1 Depuis quelques années, au vu de ce qu‘il se passe en Europe et dans le monde, je pense souvent à cette phrase. Il existe un rêve qui est, me semble-t-il, commun à tous les êtres humains : celui de vouloir vivre confortablement et en paix. Cela ressemble à une poupée russe, tant il inclut d’autres rêves : le rêve de liberté, le rêve de prospérité, le rêve de fraternité et celui d’une vie meilleure pour nos enfants et nos petits-enfants, etc.

Les êtres humains sont courageux et volontaires, parfois téméraires : depuis la nuit des temps, ils se mettent en marche et en quête pour réaliser leurs rêves. Souvent, malheureusement, par désespoir et pour survivre. Les plus démunis sur notre planète n’ont rien à perdre (à part leur vie) en quittant leurs pays où règnent la misère et la violence.

Ne fermons pas les yeux : en 2018, un milliard de personnes, tous continents confondus, était en mobilité suite à des crises politiques, des famines, des guerres, la plupart au sein de leur propre pays. Deux cent millions se réfugient dans des pays voisins, contrées très pauvres pour la plupart qui les accueillent comme ils peuvent. Les pays riches, dont les nations européennes, accueillent beaucoup, beaucoup, beaucoup moins. Les prévisions pour 2050 annoncent des chiffres  multipliés par deux, et pas uniquement en raison du réchauffement climatique.  2

« Nous sommes tous des migrants… »

Cela nous renvoie à notre propre histoire : nous, Européens, ne sommes-nous pas allés au cours des siècles, par milliers ou par millions, peupler d’autres contrées et d’autres continents ? Ne sommes-nous pas partis nous réfugier ailleurs, lors des guerres de religion, des famines, des poursuites idéologiques et d’autres catastrophes naturelles ? Nous sommes tous des migrants ou issus des migrations ! Il y a donc là quelque chose que nous avons en commun.

Aujourd’hui, les cultures, les idéologies et les idées se mélangent à une vitesse grande V. Comment pouvons-nous trouver le plus petit dénominateur commun qui permet à chaque individu et à chaque communauté de se sentir reconnu(e)  et représenté(e) dans ses besoins, peu importe où il (elle) vit ? Comment pouvons-nous concilier les valeurs des uns et des autres quand elles sont parfois diamétralement opposées ? Quelles règles et quelles limites devons-nous instaurer pour garantir le respect de la liberté qui régit nos pays ? Quels droits et quels devoirs peuvent être exigés par les uns et les autres ? Bref, comment pouvons-nous coexister  en harmonie lorsque nous ne vivons pas dans le même monde, tout en nous tenant porte à porte ?

Véra Birkenbihl disait  que chaque personne est un Robinson et que nous vivons toutes et tous sur une île déserte.3 Tantôt, nous pouvons nous rapprocher et, lorsque nous avons des valeurs, des avis et des intérêts en commun, la communication devient possible. Tantôt, nos formatages, expériences de vie, opinons et croyances sont tellement éloignés que nous ne pouvons pas communiquer. Dans ce cas, nous devons bâtir des ponts pour  nous rejoindre, là où nous sommes. Accepter que l’Autre est autre et qu’il a le droit de l’être sans être jugé, dévalorisé, rejeté, voilà une posture qui fait partie de la formation du médiateur, mais rarement de la formation dans la vie de tous les jours. 

Comment gérer l’inévitable conflit ?

Ne nous leurrons pas : lorsque nous partons vivre ailleurs, nous ne voulons pas devenir et être comme les autres, nous voulons avoir ce qu’ils ont, c’est-à-dire la paix, la prospérité, le bonheur, etc. ! Mais, en aucun cas nous ne souhaitons abandonner nos croyances, nos valeurs, nos traditions, nos habitudes, nos modes de vie. Nous voulons rester ce que nous sommes et c’est notre droit en tant qu’être humain. Il nous est difficile de concevoir, ou seulement d’imaginer, qu’en quittant nos pays et nos civilisations, nous devrons laisser derrière nous une partie de nous-mêmes, de notre être essentiel.

Ceux qui nous accueillent, avec la meilleure volonté du monde, avec empathie et fraternité, avec bienveillance et amour pour leur prochain, n’imaginent pas toujours à quel point leur vie sera impactée par notre présence. Leur “système”, ébranlé, ne sera plus jamais le même qu’auparavant. Les conflits qui en résultent sont normaux et inévitables.

Dès lors, comme en médiation, il est important que chacun puisse expliquer sa position, exprimer ses besoins, exposer son point de vue. Il est important que chacun soit écouté et entendu.  Il est important de pouvoir dire ce qui nous sépare pour ensuite chercher et trouver ensemble ce que nous avons en commun, ce qui nous relie, ce que nous pouvons partager, ce qui peut nous enrichir mutuellement.

Si nous restons figés sur les points qui nous différencient et sur ce qui nous sépare, nous rentrons dans l’escalade du conflit et irons tout droit au point de non-retour : ensemble dans la ruine. La phrase de Martin Luther King résume cela.

Lors de ma formation à la médiation, notre professeur en psycho-sociologie nous a avertis : “Si vous êtes ici, il y a une raison. Vous ne sortirez-pas indemne de cette formation.” Elle disait vrai et il y avait des raisons pour mon intérêt à la médiation.  J’ai grandi dans les années 1960 dans un village catholique (en Allemagne) où nous étions 1 % de protestants. Nous étions presque considérés comme des hérétiques, des “mécréants”. Pourquoi ? Du haut de mes 6 ans, je ne comprenais pas. Ce que je ne comprenais pas non plus, c’était  la raison pour laquelle mes cousines ne pouvaient pas venir à mon anniversaire. La moitié de ma famille habitait en effet dans la zone occupée par les Russes, la RDA, et n’avaient pas le droit de voyager dans un pays impérialiste.  

Je ne comprenais pas non plus pourquoi il y avait la famine au Biafra (1967 à 1970), la guerre du Vietnam, et pourquoi moi, j’étais bien au chaud, bien en sécurité… J’ai toujours voulu comprendre : “comment se fait-il que … ?” C’est une question que le médiateur pose souvent. Comme Martin Luther King, j’avais un rêve : je voulais relier les hommes et les peuples et participer à la création d’une humanité meilleure et plus fraternelle. N’est-ce pas là une belle mission pour des médiateurs aujourd’hui, en Europe et ailleurs ? Pour accomplir cette mission, il existe une méthode qui a fait ses preuves. C’est un autre grand homme qui nous la livre : “Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde !” (Mahatma Gandhi).

Par Christel Schirmer

(1) Martin Luther King devient le plus jeune lauréat du prix Nobel de la paix en 1964 pour sa lutte non violente contre la ségrégation raciale et pour la paix. Il sera assassiné le 4 avril 1968
https://www.jeuneafrique.com/168911/politique/i-have-a-dream-le-texte-int-gral-en-fran-ais-du-discours-de-martin-luther-king/

(2) https://www.rphfm.org/daccord-laccueil-migrants/

(3) Vera Birkenbihl, Inselmodell (Komm auf meine Insel)

Newsletter Juin 2020

Juin, en temps « normal », ce joli mois nous apporte
un avant-goût d’été et de vacances.
En 2020, juin rime avec post-confinement,
un mot inconnu jusqu’alors.

Nous vous proposons de voir comment la médiation
s’est adaptée à la distanciation physique.

***

Avez-vous déjà reçu le N° 7 de notre magazine, sorti il y a un mois ?
Le dossier principal a pour titre :
LA CO-CONSTRUCTION DE LA CITOYENNETÉ

Vous étiez nombreux à nous le demander, nous l’avions promis
et aujourd’hui c’est chose faite !
Les versions numériques des numéros 1,2,3 et 4
sont désormais disponibles sur notre site.
Les autres vont suivre…

Articles en libre lecture

Justicity, une plateforme de médiation 100% en ligne et sécurisée favorisant l’accès à la justice pour tous.

Constat : l’accès à la justice civile n’est pas satisfaisant. La justice est lente et chère. Ivan Kasic, Etienne de Fontainieu et Frédéric Dupuy pensent qu’il est temps, en 2020, de passer à la Justice en ligne. Selon leur crédo, la téléjustice réduit les coûts et les délais. Par conséquent, elle favorise l’accès à la justice pour tous.
Il s’agit d’une création franco-canadienne ..

Cadre de réflexion

Pour mieux comprendre les réalités de terrain vécues par chacun durant la crise, INTER-Médiés vous propose de découvrir une enquête parue en ligne : « Etude interculturelle Covid-19 » et de participer à la recherche menée au sujet des conséquences psychologiques du confinement.

Témoignage : une expérience unique de médiation

Début d’une médiation conventionnelle tout juste avant le confinement et décision de la poursuivre à distance.
Cinq personnes d’une même équipe empêtrées depuis deux ans dans un conflit sans issue avaient accepté, à l’invitation de leur employeur, la solution de la dernière chance.
C’est cette expérience que je raconte…

Retour à Angers

INTER-Médiés a eu l’honneur de couvrir le
1er Congrès International de la Médiation à Angers.
Des interviews filmés seront mis en ligne
durant toute l’année 2020.
Vous les découvrirez dans cette rubrique.

Entreprise et responsabilité sociétale

Céline Kapral, médiatrice indépendante et formatrice nous parle de la responsabilité sociétale des entreprises et comment la médiation en est un des éléments constitutifs.
Merci à Destination Angers, International Congress for all Mediators et Kryzalid Film pour la production.

Avec nos partenaires
Radio Pays d’Hérault et Die Mediation 

Pas de retour à l’Anormal : La transition, c’est maintenant ! – en audio

Christel SCHIRMER anime « Pas d’accord – et alors ?! », une émission mensuelle sur rphfm.org. Elle a interviewé Aurélien Culat, journaliste en solution, humain en transition.
Ce que nous vivons actuellement est l’occasion de faire un choix et de transformer notre manière de vivre, de travailler et de voir le monde. Certain.e.s sont déjà sur le chemin …

Thomas de Maizière plaide pour un mieux vivre ensemble

Cet homme d’état allemand accompli qui a été, entre autres, ministre fédéral de l’Intérieur et ministre fédéral de la Défense, nous présente son plaidoyer pour un nouveau consensus de base au sein de la société. Initialement paru dans la revue de notre partenaire allemand Die Mediation, il y a deux ans, la thématique reste d’actualité…

Nous remercions nos partenaires

Thomas de Maizière, l’homme d’État plaide pour un mieux vivre ensemble

Homme d’État allemand, Thomas de Maizière, né en 1954 à Bonn, est un  juriste formé en Allemagne de l’Ouest.  il passe en RDA en 1990, juste avant la réunification, , travaillant auprès de son cousin Lothar de Maizière, dernier ministre-président du pays. Il dirige la chancellerie de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale entre 1994 et 1998, puis celle de Saxe de 1999 à 2001. À cette date, il est nommé ministre des Finances, puis ministre de la Justice en 2002, et enfin ministre de l’Intérieur en 2004. Il se voit confier des fonctions fédérales en 2005, quand Angela Merkel le nomme directeur de la Chancellerie fédérale et ministre fédéral avec attributions spéciales. Il devient ministre fédéral de l’Intérieur en 2009, puis ministre fédéral de la Défense. De 2013 à 2018, il occupe de nouveau le poste de ministre fédéral de l’Intérieur.

Dans ce numéro nous vous présentons son plaidoyer pour un nouveau consensus de base au sein de la société, paru initialement dans la revue Die Mediation* et traduit par Christel Schirmer.

Notre société moderne tend à se fragmenter de plus en plus. Des communautés et des classes sociales se replient, s’enferment et refusent l’échange avec de larges franges de la population et s’y opposent même de façon inconciliable. Les rapports sont devenus plus rudes. Un discours touchant l’ensemble de la société semble impossible. Il manque un consensus général de base qui définirait comment nous pouvons réussir le vivre-ensemble, dans l’intérêt et pour le bien-être de tous ceux qui vivent dans notre pays. Cela mérite qu’on se batte pour y parvenir.

En avril 2017, j’ai formulé des thèses pour une “culture de référence pour l’Allemagne”.  J’ai essayé de décrire ce qui, pour moi, définit notre société et notre culture dans son essence. Ce qui m’importait, c’était surtout les valeurs “typiques”, les normes et les comportements dans notre pays qui ne sont certes écrits nulle part, mais que nous considérons comme admis et allant de soi. Cette réflexion a déclenché une controverse que je ne vais pas reprendre ici. Mais j’aimerais prolonger le débat avec une idée qui m’habite depuis un certain temps et qui, à mon avis, est d’une importance non négligeable pour la “réussite” d’une culture de référence et – plus que cela – pour la “réussite” d’une société.

Ma question est la suivante : jusqu’à quel point pouvons-nous (encore) être sûrs qu’il existe, dans une société extrêmement complexe telle que la nôtre, de telles règles non-écrites, acceptées et valables pour tous ? À l’époque de la digitalisation et des inquiétudes quant à l’avenir, qu’en est-il de ce “canon du non-négociable”, c’est-à-dire du consensus général de base dans notre pays ?

La fragmentation de la société

Cette question est d’actualité et elle est justifiée. Car à première vue, ce consensus semble ne plus exister : que ce soit sur le net ou ailleurs, harcèlement, attaques et commentaires vulgaires et grossiers fusent de manière éhontée. La police et les secours sont gênés lors de leurs interventions et parfois même attaqués. Dans les stades de football, des vandales incapables de se contrôler menacent et se battent. Des hommes politiques et des journalistes se font insulter et injurier.

En effet, quelque chose s’est cassée dans notre société. Il s’agit justement de ce consensus de base qui détermine ce qui est considéré, de manière générale, comme acceptable et comme inacceptable, ce qui est convenable et ce qui n’est pas convenable.

Les valeurs des différentes communautés qui constituent notre société devraient être, dans l’ensemble, incontestables. Néanmoins, en ce qui concerne le code comportemental qui en résulte, c’est à mon avis discutable.  Il s’agit du résultat d’une évolution que je voudrais définir par le terme “fragmentation” de notre société. Cela signifie que les différents groupes et milieux qui la composent se renferment de plus en plus sur eux-mêmes et perdent ainsi la capacité et les occasions de s’équilibrer et d’interagir.

Certes, cette évolution n’est pas nouvelle. Il est même banal de constater que les êtres humains préfèrent s’entourer de personnes qui leur ressemblent. Et à l’inverse, il n’est pas surprenant non plus que les groupes développent une certaine “conscience de soi” qui, en retour, formate et discipline les individus membres du groupe.

La perte d’influence des institutions

Ce qui, à mon sens, est nouveau, c’est l’écart entre ce qui peut être considéré comme tout à fait normal par un groupe et en même temps considéré comme absolument impensable par un autre. À mon sens, cela résulte du fait que les institutions et les espaces  censés réunir et créer des liens entre les différents groupes perdent de plus en plus de leur influence. Qu’il s’agisse des églises chrétiennes**, des pompiers, des syndicats, des partis politiques ou d’autres encore – toutes ces institutions sociétales et sociales qui permettent la rencontre et les échanges entre jeunes et vieux, riches et pauvres, droite et gauche, se battent depuis des années contre la diminution de leurs membres et de partisans engagés. Il en résulte une disparition grandissante, et forcée, de ces institutions, notamment des territoires ruraux.

Cependant, au fur et à mesure que le nombre et la vigueur de ces institutions sociétales diminue, il devient difficile de maintenir un équilibre et l’interaction entre les différents groupes sociaux.

À cela s’ajoute que les groupes sur les réseaux sociaux fonctionnent en huis clos : au sein du groupe, on reste “entre soi” avec ses visions du monde et ses points de vue. Il existe peu d’échange ou de discussions avec d’autres groupes. Donc, au lieu de se confronter à d’autres opinions, on se conforte réciproquement dans ses propres opinions. Cela contribue également à la fragmentation de la société. Cet effet est appelé “effet de la chambre d’écho”.

À propos de la valeur du consensus de base au sein de la société

Si, de cette manière, une société perd son sens de la communauté, lorsqu’elle n’est plus capable de tisser entre toutes les parties qui la constituent un lien les unissant et porté par tous – donc un consensus de base – le danger guette. Dans cette situation, chaque groupe possède, certes, un code comportemental qui lui est propre, suivi et respecté. Par contre, il n’existe pas de code comportemental commun et général qui unit tous les groupes. C’est la raison pour laquelle j’appelle à travailler de nouveau, plus activement et plus énergiquement sur un tel consensus de base.

Nous ne devons pas compter sur le fait qu’il va s’instaurer tout seul, d’une manière ou d’une autre. Nous devons tous prendre l’initiative de renégocier et d’équilibrer ce consensus de base sans cesse et sans relâche. Nous pouvons le faire en renforçant les institutions qui constituent notre société, en agissant de manière (auto-)critique envers les réseaux sociaux et en imposant des limites.

Tous ceux qui ont des enfants se rappellent des situations où ils ont dit : “Nous ne nous parlons pas sur ce ton.” ou “Nous ne nous comportons pas de cette manière entre nous.” Parfois, lorsque c’est nécessaire, c’est exactement ce que nous devons dire à nos semblables. Nous devons poser des limites. Et c’est nécessaire, lorsqu’on harcèle, incite à la haine, injurie de manière vulgaire, lorsqu’on menace, vandalise et se bat, lorsqu’on insulte et blesse.

*Article paru dans Die Mediation, IV/2018
**La laïcité n’existe pas en Allemagne, les différentes églises sont très impliquées dans la vie quotidienne – NdT

Traduction : Christel Schirmer
Relecture : Ange Ménec

 

Angers 2020 : La médiation et la RSE des entreprises

La médiation et la RSE des entreprises

Céline Kapral médiatrice indépendante et formatrice nous parle de la responsabilité sociétale des entreprises et comment la médiation en est un des éléments constitutifs.

Merci à Destination Angers, International congress for all Mediators et Kryzalid Film pour la production.

Hervé Chavas : Une expérience unique de médiation

Hervé Chavas, médiateur, nous embarque dans les coulisses d’une médiation réalisée pendant le confinement.

Les circonstances ont fait que j’ai débuté une médiation conventionnelle tout juste avant le confinement et que j’ai pris l’initiative de la poursuivre à distance. Cinq personnes d’une même équipe, empêtrées depuis deux ans dans un conflit sans issue, avaient accepté, à l’invitation de leur employeur, la solution de la dernière chance.

La situation s’annonçait délicate…

J’avais organisé une première rencontre en plénière, dès 9h00 sans limite de temps, sur place et en terrain neutre. J’étais au soir de cette séance qui avait duré toute la journée. Je me disais à moi-même que je n’avais pas forcément fait tout très bien.
Une litanie de reproches s’abat au fil de la matinée sur une seule personne, un procès en sorcellerie que je cherche à canaliser. Cette dernière prend finalement la parole pour dire combien elle est meurtrie.
Je propose une pause déjeuner en donnant rendez-vous pour des apartés en début d’après-midi. Même scénario, mêmes complaintes et accusations pour les uns, même violence verbale, la 5ème personne est toujours sous le choc mais elle garde son calme, tout en étant profondément désolée.

La crise enfle !

Vers 16h00, je leur propose de les revoir en plénière, 45 minutes tout au plus tant les échanges restent tendus. En quelques minutes, l’incendie redouble et menace de tout embraser. Je prends la parole pour dire combien je suis épuisé par tant de ressentiments et de reproches et combien je les sens dans une séquence mortifère. Pour en sortir, je leur conseille de passer du ‘’Tu qui tue’’ au ‘’Nous’’, de ne plus insulter le passé et de se projeter dans l’avenir et aussi de tout faire pour reprendre la main ensemble. Toutes acceptent le principe de se revoir dans les 15 jours. Je les quitte en leur faisant remarquer que ces séances sont une chance unique de se réconcilier, que nous ne sommes qu’au début d’un processus et, surtout, qu’il faut se faire confiance.

Le doute s’installe, le confinement fige la situation.

Deux jours plus tard, la personne qui a été la cible de toutes les critiques me contacte : « Vous n’auriez jamais dû accepter qu’on me remette en cause de cette manière, votre méthode est discutable, cela me fait très mal ». Je lui explique ma démarche fondée sur l’idée que la médiation est « un espace pour donner la parole au cri » selon l’expression de Jacqueline Morineau pour qui « la violence est le fruit de la souffrance ». Je lui présente mes excuses puisqu’elle estime que j’ai mal conduit le processus. Je l’assure que la tension est appelée à s’apaiser et que j’y veillerai.

Deux jours après cet échange, la France se cadenasse, j’apprends que les cinq protagonistes ont été placés en télétravail dès le soir de la séance plénière. Je leur propose dans la foulée de poursuivre la médiation à distance et par téléphone, dans une 1ère séquence en autant d’apartés que de protagonistes, dans une 2nde séquence en plénière par conférence téléphonique.

 Tout bascule…

Je suis à ma table de travail, confortablement installé, avec vue sur une belle campagne, en tenue décontractée, pour cinq apartés d’1h30 répartis sur plusieurs jours. Je perds mes repères habituels. Et pour la 1ère fois, le stylo à la main. Sans trop réfléchir, je vais me mettre à tout noter des échanges. Mes interlocuteurs me disent être chez eux, dans leur salon, leur jardin, face à la nature, peut-être en train de déambuler, je ne le saurai pas, une jeune enfant s’invite. Ces échanges sont autant de rencontres sensibles, intenses, dans l’interrogation, le doute, la prise de conscience et même avec un peu de légèreté. Une sorte de pause au bord du chemin, chacun recharge ses batteries. Calmement s’opère un travail de construction, de reconstruction, il y a une respiration douce qui ne coupe pas le souffle.

Nous sortons tous apaisés et confiants de ces apartés. Tous se disent désireux de poursuivre en plénière, « mais pas tout de suite, il faut qu’on absorbe ». Ma seule consigne : se projeter dans le futur, imaginer comment ils voudront retravailler ensemble, eux qui ont été comme ‘’confinés’’ deux fois. Nous nous donnons rendez-vous 15 jours plus tard.

« Oui, on est d’accord pour travailler ensemble et faire la paix »

Deux heures d’échanges sont prévues pour cette conférence avec pour seules règles : se respecter soi-même en respectant les autres et ne s’autoriser à prendre la parole que lorsque celui qui parle aura dit : « j’ai terminé ».
Je me suis personnellement préparé, en relisant attentivement toutes mes notes, ce que je ne fais jamais puisque d’ordinaire, je n’écris rien. Cette relecture s’avérera précieuse.
La plénière s’ouvre dans la bonne humeur, chacun est heureux de se retrouver d’une si drôle de manière. Spontanément, les personnes s’entendent pour « s’interdire tout dénigrement, reconnaître la part de chacun dans le collectif, se poser un petit peu en prenant du temps, un peu à la manière de cette médiation : on est amené à parler, on a envie d’être bien au travail, d’agir intelligemment ». Le lien est donc rétabli, l’envie d’agir ensemble les traverse de nouveau, une personne propose de faire une conférence téléphonique dans les 15 jours, « un thé ou un café à distance, une cellule d’écoute qu’on organiserait pour nous seuls, quelque chose de plus intime qu’une réunion de travail, pour se demander comment ça se passe avec de la chaleur humaine, créer un lieu où l’on puisse en toute confiance parler comme on le fait ici. Mais il faut que cela corresponde à un vrai désir de continuer ensemble. Êtes-vous d’accord ? ». Et c’est un oui unanime qui conclut cet échange qui aura en fait duré 2h45. Je me suis éclipsé. A peine aurai-je vu ces personnes, mais combien je les ai écoutées, il n’en fallait probablement pas plus.

Quels enseignements, à ce stade, tirer de cette expérience ?

Par le canal du téléphone, la médiation a donné la parole à la part bonne de l’individu. Les regards, mais aussi les gestes accusateurs ont été remisés, les paroles se sont comme apaisées, les silences, jamais pesants, ont relié les mots, les pensées, les personnes. Je pense ici à David Lynch* pour qui « le son peut peindre un tableau qu’on ne pourrait pas obtenir avec des caméras. La voix, ça peut être comme de la musique. Et puis il y a les silences, l’orchestration des silences, combien c’est intéressant l’espace entre les mots ».
Une médiation à distance est donc possible, même si la rencontre physique est d’une valeur incomparable. Mais j’ai à l’esprit que le son, davantage que l’image vidéo désormais tellement banalisée, permet de solliciter l’imaginaire de chacun.

Par Hervé Chavas.

 *David Lynch, LA GRANDE TABLE CULTURE par Olivia Gesbert, France Culture, 10 juin 2020
https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-dete/les-meditations-de-david-lynch

Hervé CHAVAS
Médiation, Conseil & Formation
Médiateur près la Cour d’Appel de Paris
Maître de conférences associé, CIFFOP, Université Paris 2 Panthéon Assas

Newsletter Mai 2020

CONSTRUIRE signifie : bâtir ensemble
Plus que jamais, il est important de rester unis
dans l’effort de la construction de notre société.
Seuls, nous ne pouvons rien, ensemble, tout devient possible !

Le N° 7 de notre magazine est sorti de presse !
Le dossier principal a pour titre :
LA CO-CONSTRUCTION DE LA CITOYENNETÉ
Un grand MERCI à tous les contributeurs des quatre coins du monde
qui ont collaboré à ce numéro en témoignant de leur travail et de leurs actions.
Vous trouverez la couverture et le sommaire
en cliquant sur le bouton ci-dessous :

Vous étiez nombreux à nous le demander, nous l’avions promis
et aujourd’hui c’est chose faite !
Les versions numériques des numéros 1,2,3 et 4
sont désormais disponibles sur notre site.
Les autres vont suivre…

Articles en libre lecture

Avocat et samouraï de la Paix

Quel lien peut-il y avoir entre la citoyenneté, la médiation, l’aïkido et le métier d’avocat ?
Jean-Luc BARRAL, avocat au barreau de Montpellier,
nous apporte un début de réponse.
« Il y a en effet des points en commun : tout cela a trait à la violence ou plutôt au conflit… »

Sur la sève de nos rêves,
On sème et on s’aime, Carpe Diem.

Après la pandémie, Vincent AVANZI fait place à la poésie pour ré-enchanter nos vies et passer du confinement à l’apaisement, du statu quo au statut collectif en vue de coécrire ensemble le monde d’après.
Ce poème est spécialement composé pour les lecteurs d’INTER-Médiés – découvrez vite le plaisir de goûter des mots délicieux ! En avant première …

Retour à Angers

INTER-Médiés a eu l’honneur de couvrir le
1er Congrès International de la Médiation à Angers.
Des interviews filmés seront mis en ligne
durant toute l’année 2020.
Vous les découvrirez dans cette rubrique.

Peut-on parler d’intelligence artificielle quand il est question de la paix ?

Ahmed GALAÏ, Prix Nobel de la Paix en 2015 nous apporte un éclairage.

Dans INTER-Médiés N° 7 vous trouverez le portrait de ce personnage hors du commun.

Empathie et neurosciences

Carole CHATELAIN est rédactrice en chef du magazine Science et Avenir et médiateure.
Son livre Médiation : comment développer son empathie est paru aux Editions Archetype 82.
Elle répond à nos questions et vous trouverez son article « l’Empahie, ce qu’en disent les neurosciences » dans Intermédiés N°7.

En audio avec notre partenaire Radio Pays d’Hérault

Christel SCHIRMER, membre de la rédaction, anime « Pas d’accord – et alors ?! », une émission mensuelle sur rphfm.org. A Angers, elle a inteviewé pour INTER-Médiés des médiateurs du monde entier …

Nous remercions nos partenaires

Angers 2020 : Entretien avec Carole Chatelain, rédactrice en chef du magazine Sciences et Avenir

Dans la continuité de notre série d’entretiens vidéo du congrès d’Angers 2020 nous avons interviewé Carole Chatelain, rédactrice en chef du magazine Sciences et Avenir, médiateure et auteure du livre « Comment développer son empathie : les ressources du cerveau » paru aux éditions Archetyp82.

Retrouvez son article dans le numéro 7 de mai 2020.

Merci à Destination Angers, International congress for all Mediators et Kryzalid Film pour la production.

Jean-Luc Barral : samouraï de la paix

Jean-Luc Barral a dit : “Prendre les situations de conflit et les ramener vers une situation de paix, c’est un mythe de Sisyphe, un éternel recommencement, mais cela me paraît noble et sain de s’y consacrer.” Quel lien peut-il y avoir entre la citoyenneté, la médiation, l’aïkido – art martial très prisé du monde de la médiation (1)et le métier d’avocat ? Inter∞médiés a tenté de trouver la réponse, dans l’Hérault, auprès de Jean-Luc Barral, un avocat qui a trouvé sa voie en reliant ces différentes disciplines.

Avocat au barreau de Montpellier, Jean-Luc Barral s’est formé à la médiation il y a vingt ans, à une époque où “tout le monde nous prenait pour des fous”. L’aïkido fait partie de sa vie depuis sa jeunesse. Il a été durant dix-sept ans président de l’association “Initiative Cœur d’Hérault ”, une association loi 1901 créée en 1999, qui a pour mission l’accompagnement de créateurs d’entreprises. Il en a cédé la présidence afin de se porter candidat aux élections municipales de 2020. 

Inter∞médiés: Me Barral, aujourd’hui, vous voulez vous impliquer dans l’avenir de votre ville, Clermont l’Hérault, en vous présentant aux élections municipales. Comment ces trois disciplines, le droit, la médiation et l’aïkido, vous ont-ils mené à cet acte citoyen ?

Jean-Luc Barral : je ne peux pas affirmer qu’ils m’y ont amené. C’est pour imiter mon grand-père, pour lequel j’avais un très grand attachement, que je suis devenu avocat. Mais ces disciplines ont en commun la violence ou plutôt, le conflit.

Récemment, j’ai pris conscience que le métier d’avocat me collait à la peau. Quand j’ai repris l’aïkido, que j’avais pratiqué très jeune, j’ai constaté que ce qui reliait les deux, c’était le conflit : que ce soit sur le tatami ou dans les tribunaux, on ne fait rien d’autre que de gérer un conflit. Certes, dans les tribunaux, il est réel et sur le tatami, il est simulé, mais très physique, jusqu’à la limite de la douleur. Cette technique est issue du ju jitsu pratiqué par des samouraï  (2). L’aïkido est un budô  (3), cette spiritualité qui chapeaute tous les arts martiaux d’origine japonaise. Tout cela est en lien avec le conflit. Je m’étais toujours demandé : “Comment se fait-il que j’aie une sainte horreur de la confrontation et qu’en même temps, elle puisse m’attirer  au point d’en faire et mon métier et mon loisir ?” J’ai fini par comprendre qu’intellectuellement, on ne peut concevoir la notion de paix que par opposition à la notion de guerre. Depuis que l’humanité existe, la paix ne se définit que comme un état d’absence de guerre. Alors, que peut-on faire d’intéressant dans la vie ? Prendre les situations de conflit et les ramener vers une situation de paix ! C’est un mythe de Sisyphe, un éternel recommencement, mais cela me paraît noble et sain de s’y consacrer. En tout cas, cela me passionne.

La médiation remplace-t-elle votre travail d’avocat ?

Évidemment, la médiation est la manière presque magique de régler les questions de conflit. On reçoit les personnes et, en quelques séances, ils trouvent le moyen de parvenir eux-mêmes à des solutions et de sortir de là en état de paix.

Mais ça ne fonctionne pas toujours, c’est pour cela que la position de l’avocat plaidant est toujours indispensable. Dans ces cas, il faut bien trouver un tiers pour trancher le problème et donc, aller devant un juge. Mais le rôle de l’avocat ne consiste pas seulement à faire la guerre, loin de là. D’abord, il y a la façon de la mener. Dans “L’art de la Guerre”, Sun Tzu  (IVe  siècle av. JC)  explique que la meilleure façon de faire la guerre est… de ne pas la faire. Ou alors de la faire dans des conditions telles qu’elle soit gagnée d’avance. Le travail de l’avocat, c’est un peu la même chose, c’est-à-dire que l’on n’y va pas si c’est perdu d’avance. Il faut être en position de force. Mais finalement, comment définir qu’un dossier a été gagné ou perdu ? En matière familiale, c’est quasi impossible, car selon quels critères définit-on la victoire ? Il faudrait fixer d’avance des objectifs à atteindre pour pouvoir le mesurer, mais c’est impossible car une situation évolue dans le temps.

De la même façon, en aïkido, lorsqu’on commence un geste, on n’est pas sûr de pouvoir le finir comme on l’avait prévu. C’est comme dans un dossier qui évolue, on ne sait jamais vraiment où l’on va. Il faut sans cesse s’adapter. En médiation, l’adage dit que le médiateur n’a pas de but. J’y vois un parallèle avec le samouraï qui ne cherche pas la victoire quand il se bat. Il faut être sans but, de manière à s’adapter à l’autre. Et c’est la condition de l’efficacité, comprenne qui peut !

Mais le samouraï se bat pour un seigneur et le but, c’est de gagner la guerre ?

Oui, mais une fois dans le combat, il doit oublier qu’il est là pour gagner, il n’est là que pour se battre le mieux possible. Lorsque l’on veut trop un résultat, on finit par échouer. On l’a tous vérifié.

Si je comprends bien, le samouraï, le médiateur et l’avocat ont en commun un code d’honneur, un code déontologique. Et quel est le lien de tout cela avec la citoyenneté ?

Oui, il y a un code d’honneur. D’ailleurs, au début, les avocats trouvent ce code déontologique très contraignant, mais ils découvrent vite que leur métier serait invivable si ce code n’existait pas. Le lien avec la citoyenneté ? Je crois que l’on reste sur la notion de conflit, car la démocratie, c’est une tentative d’organisation de la société qui permet de s’exonérer de la violence pour désigner ses dirigeants. Mais on reste dans une forme atténuée de conflit, de bataille pour le pouvoir. La question est ensuite : veut-on y ajouter de l’éthique, de la déontologie, du budô ? On peut appeler cela comme on veut, mais on retrouve les mêmes fondamentaux : nous avons une bataille électorale. En ressortira un vainqueur et un vaincu. Une fois que la personne est élue, elle n’est pas quitte de ses électeurs puisqu’elle reste en permanence sous la pression de la lutte sectorielle ou sociale ou professionnelle d’untel et untel qui souhaite obtenir ceci ou cela. Et cela vaut pour les communes comme pour le gouvernement.

Et, lorsque la démocratie fonctionne mal, on retrouve immédiatement la violence physique : l’affaire des gilets jaunes en est un exemple. De telles situations arrivent lorsqu’on ne trouve plus le moyen de gérer un conflit de manière “civilisée”, apaisée ou par la négociation. La citoyenneté, le civisme, c’est une façon d’être dans la cité. D’ailleurs, on y retrouve le droit, car le droit n’est pas une fin en soi. Il permet aux personnes de vivre ensemble sans que ce soit la guerre permanente.

Il me semble utile de mettre mon expérience dans ces matières au service de la cité. Je m’y suis efforcé en tant que président de “Initiative Cœur d’Hérault”, en tant qu’administrateur du Centre de la médiation du barreau de Montpellier, et je souhaite le faire au sein du conseil municipal  de ma ville. Ce sont des choix et des chemins qui se regroupent.

Propos recueillis par Christel Schirmer

(1) Voir Inter∞médiés n° 1, p. 50-51.

(2) “Samouraï” signifie “serviteur”.

(3) Les budô sont les arts martiaux japonais apparus entre le milieu du XIXe siècle et le milieu du XXe siècle. En japonaisbu signifie “combat” et dô signifie “voie” [source : Wikipédia].

 

Co-construire la citoyenneté

Vincent Avanzi est un Chief Poetic Officer, plume de dirigeants, auteur de « Trouver son Point Génial » (Marabout/Hachette) et fondateur de La Plume Du Futur. Journaliste aux Echos, expert en storytelling et initiateur de « CoBuild20 : Coécrivons Demain », il délivre des conférences et des discours poétiques inspirants sur le pouvoir des mots, le leadership éclairé et invite les citoyens à exprimer leurs rêves d’avenir en poésie.

Angers 2020 : Entretien avec Ahmed El Galaï

Nous continuons la série de vidéos réalisées lors du congrès 2020 avec l’entretien de Ahmed El Galaï prix Nobel de la paix et défenseur des Droits humains.

Peut-on parler d’intelligence artificielle quand il s’agit de faire la paix ?

Pour faire un peu plus connaissance avec l’homme de paix et le grand défenseur du dialogue, retrouvez l’intégrale de l’entretien en version papier dans le N7 à paraître en mai 2020.

Merci à Destination Angers, International congress for all Mediators et Kryzalid Film pour la production.

Newsletter Avril 2020

Ce printemps, grâce à vous, nous fêtons
notre 3e anniversaire !
Toute l’équipe d’INTER-Médiés pense à vous !

Nous sommes sur le pont et préparons la sortie du N° 7
dont le dossier est d’actualité :
LA CO-CONSTRUCTION DE LA CITOYENNETÉ
Un grand MERCI à tous les contributeurs des quatre coins du monde
qui ont collaboré à ce numéro en témoignant de leur travail et de leurs actions.
Vous trouverez un aperçu des thématiques abordées
en cliquant sur le bouton ci-dessous :

Articles en libre lecture

Petits secrets de médiateurs

Quatre médiateurs, quatre visions de la médiation
et un seul but: restaurer le dialogue entre les parties en conflit. Philippe Mandon, Abraham Zeini, Philippe Lemoult et Agnès Mendes-Pires se confient sur leur pratique et leur vision de la médiation.

Le schéma de la communication

Nous communiquons dès la naissance et disposons d’outils de plus en plus sophistiqués pour cela. Pourtant, force est de reconnaître que nous nous plaignons, qui de ne pas être entendu, qui de ne pas pouvoir s’exprimer, qui de ne pas être compris.

Retour à Angers

Le 1er Congrès International de la Médiation à Angers…

… a eu lieu du 5 au 7 février 2020 dans la belle ville d’Angers.
Plus de 600 médiateurs étaient présents et ont échangé lors de nombreux ateliers et plénières.
Les actes du colloque seront bientôt disponibles.
En attendant, vous pouvez lire notre synthèse ici.

INTER-Médiés a eu l’honneur de couvrir l’événement à travers des interviews filmés qui seront mis en ligne durant toute l’année 2020

Interview avec Hervé CARRE

Hervé CARRE est le Président de l’AMCT (Association des Médiateurs des Collectivités Territoriales) et médiateur de la ville d’Angers. Il est à l’origine de l’organisation du 1er Congrès International de la Médiation à Angers. Le résultat a dépassé tous les espoirs !

Interview avec Jacqueline Morineau

La passionnante Jacqueline MORINEAU nous parle de la médiation humaniste. La vie peut renaître de la mort ! Dans INTER-Médiés N° 7, un article est consacré à cette pratique de la médiation.

En audio avec notre partenaire Radio Pays d’Hérault

Christel Schirmer, membre de la rédaction, anime « Pas d’accord – et alors ?! », une émission mensuelle sur rphfm.org. A Angers, elle a inteviewé pour INTER-Médiés des médiateurs du monde entier …

Nous remercions nos partenaires

Premier congrès international de la médiation à Angers

Les 5,6 et 7 février 2020 se tenait le premier congrès International de la médiation à Angers en France. A cette occasion l’équipe de rédaction, représentée par Joëlle Dunoyer, Christel Schirmer et Marion Delisse, a réalisé des entretiens filmés avec différentes personnalités présentes. Vidéos réalisées par KRYZALIDE FILMS en partenariat avec Destination Angers. Nous vous invitons à découvrir la toute première avec Hervé Carré président du congrès 2020.